Routes maritimes & BRICS : quand la géographie redevient stratégique
Écho à la newsletter BRICS de la semaine du 19/01/2026
Introduction – Le retour en force des routes et des détroits
Pendant longtemps, les routes maritimes ont été considérées comme un acquis de la mondialisation : ouvertes, fluides, relativement prévisibles.
Cette vision est aujourd’hui dépassée.
La montée des tensions géopolitiques, la militarisation des mers et l’émergence de routes alternatives replacent la géographie au cœur du commerce mondial. Pour les pays de l’espace BRICS, les voies maritimes ne sont plus de simples infrastructures logistiques : elles deviennent des instruments de souveraineté, de résilience et de projection économique.
Routes maritimes mondiales : de l’efficacité à la vulnérabilité
Les grands passages du commerce international — détroits, canaux, zones de transit — concentrent aujourd’hui une part croissante des risques :
- tensions militaires,
- pressions diplomatiques,
- menaces sur les infrastructures,
- dépendance excessive à quelques axes critiques.
Le Strait of Hormuz, par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial, illustre cette vulnérabilité. Toute perturbation, même temporaire, peut avoir des effets immédiats sur les prix de l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et la stabilité économique globale.
Arctique et corridors alternatifs : la réponse stratégique des BRICS
Face à ces risques, les BRICS investissent dans des routes alternatives et des corridors logistiques hybrides.
L’ouverture progressive des routes arctiques transforme l’Arctique en nouvel espace stratégique. La Russie y dispose d’un avantage structurel majeur, notamment grâce à sa flotte de brise-glaces, tandis que la Chine intègre ces routes dans une vision logistique globale, complémentaire des Nouvelles Routes de la Soie.
Parallèlement, des projets comme le corridor Nord–Sud (Russie–Iran–Inde) visent à contourner les goulets d’étranglement traditionnels en combinant transport maritime, ferroviaire et terrestre.
Ces initiatives ne cherchent pas à remplacer immédiatement les routes existantes, mais à multiplier les options dans un monde devenu structurellement instable.
Capacités navales : un facteur économique sous-estimé
La sécurité des routes maritimes dépend aussi des capacités techniques des flottes.
Sur ce plan, les équilibres évoluent :
- la Russie bénéficie d’une avance unique dans l’Arctique,
- la Chine dispose de la plus grande marine au monde en nombre de navires et d’une capacité industrielle sans équivalent,
- les États-Unis conservent une supériorité technologique globale, mais avec des contraintes opérationnelles plus fortes sur certains théâtres.
Dans ce contexte, la capacité à ouvrir, sécuriser et maintenir une route maritime devient un avantage économique direct, et non plus seulement militaire.
Pourquoi ce sujet concerne directement les PME françaises
Pour les dirigeants de PME françaises, ces évolutions ne relèvent pas de la géopolitique abstraite. Elles influencent concrètement :
- la fiabilité des chaînes d’approvisionnement,
- les coûts logistiques et assurantiels,
- les choix d’implantation industrielle ou commerciale,
- l’émergence de nouveaux marchés liés aux infrastructures, aux services et à la gestion du risque.
À mesure que le commerce mondial se fragmente, comprendre par où passent les flux devient aussi important que savoir à qui vendre.
Aller plus loin avec la newsletter BRICS
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❓ FAQ – Routes maritimes, BRICS et commerce international
Oui, partiellement. Elles ne remplacent pas les routes traditionnelles, mais offrent des options stratégiques de plus en plus crédibles.
Pour réduire leur dépendance aux chokepoints contrôlés ou influencés par d’autres puissances et sécuriser leurs flux économiques.
Oui. Elles influencent directement les coûts, les risques, les délais et les opportunités liées au commerce international.
Parce que les infrastructures, corridors et équilibres de puissance mis en place aujourd’hui structureront durablement le commerce mondial de demain.
Note éditoriale
Cet article court repose sur une synthèse de sources publiques récentes et sur une analyse réalisée avec l’appui d’outils d’intelligence artificielle. Il ne constitue pas un conseil professionnel.
