BRICS, Mercosur et élevage bovin : quand les normes agricoles deviennent stratégiques

Écho à la newsletter BRICS de la semaine du 26/01/2026

Introduction – Le retour de l’agriculture dans les rapports de force commerciaux

Pendant longtemps, les échanges agricoles ont été perçus comme un domaine essentiellement technique : volumes, prix, saisons, rendements.
Cette lecture est aujourd’hui dépassée.

L’accord UE–Mercosur remet au premier plan une réalité plus politique : l’agriculture, et en particulier la viande bovine, est devenue un terrain de confrontation entre modèles économiques, normes sanitaires et stratégies de souveraineté.

Pour les pays de l’espace BRICS et BRICS+, ce débat dépasse largement le cadre européen. Il interroge leur position dans le commerce mondial et leur capacité à s’aligner — ou non — sur des standards dominants.

Accord UE–Mercosur : un débat qui dépasse les volumes

L’accord prévoit l’ouverture de quotas d’importation de viande bovine sud-américaine vers l’Union européenne, à droits réduits.
Mais la controverse porte moins sur les volumes que sur les conditions de production.

Les points de friction concernent notamment :

  • la concurrence sur les morceaux à forte valeur ajoutée,
  • les écarts de normes sanitaires et environnementales,
  • la traçabilité des animaux et des filières,
  • le bien-être animal.

Les standards européens intègrent des exigences élevées : interdiction de certaines hormones, encadrement strict des antibiotiques, traçabilité individuelle, cahiers des charges spécifiques pour le bio et l’« élevé à l’herbe ».

Face à cela, les pratiques des pays exportateurs apparaissent très hétérogènes.

BRICS et élevage bovin : une diversité structurelle

Les pays BRICS et BRICS+ couvrent un spectre extrêmement large de modèles d’élevage.

Le Brésil, acteur central du Mercosur, s’appuie sur un élevage extensif à grande échelle, complété par des feedlots en phase finale. Le pâturage est répandu, mais les notions de bio et d’« élevé à l’herbe » ne sont pas normées comme en Europe.

L’Inde dispose du premier cheptel mondial, mais ses exportations reposent principalement sur la viande de buffle. L’élevage y est majoritairement familial et peu industrialisé, sans équivalence réglementaire avec les standards européens.

La Chine, grande consommatrice, est importatrice nette. Elle cherche moins à produire qu’à sécuriser ses approvisionnements, y compris via des viandes présentées comme « grass-fed » sur des segments premium.

La Russie et l’Afrique du Sud combinent élevage extensif et systèmes plus intensifs, avec un potentiel important mais des certifications encore peu reconnues à l’international.

Bio et « élevé à l’herbe » : des concepts non comparables

Un point clé du débat réside dans l’ambiguïté des labels.

Dans plusieurs pays BRICS, les animaux pâturent effectivement à l’extérieur.
Mais cela ne signifie pas pour autant :

  • des contrôles sanitaires équivalents,
  • une traçabilité comparable,
  • des exigences formalisées en matière de bien-être animal.

Les notions de bio ou d’« élevé à l’herbe » existent, mais ne recouvrent pas les mêmes réalités réglementaires que dans l’Union européenne.

Pourquoi ce sujet concerne directement les PME françaises

Ce débat n’est pas réservé aux filières agricoles.

Il illustre une tendance plus large du commerce mondial :
les normes deviennent des instruments de concurrence économique.

Pour les PME françaises, ces évolutions ont des implications concrètes :

  • montée en complexité des chaînes d’approvisionnement,
  • importance croissante de la certification, de la traçabilité et du contrôle,
  • opportunités dans les technologies agricoles, les services de conformité, l’audit et la gestion des risques.

À mesure que le commerce mondial se fragmente, la capacité à comprendre les différences de standards devient un avantage stratégique, au même titre que le prix ou la qualité.

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❓ FAQ – Élevage bovin & BRICS

L’accord UE–Mercosur concerne-t-il uniquement l’agriculture ?

Non. Il agit comme un révélateur des écarts de normes et des rapports de force commerciaux plus larges.

Les élevages BRICS sont-ils incompatibles avec les standards européens ?

Pas nécessairement, mais les niveaux de traçabilité, de certification et de contrôle restent très variables.

Pourquoi ce sujet devient-il stratégique maintenant ?

Parce que les normes agricoles structurent durablement l’accès aux marchés et les chaînes de valeur mondiales.

En quoi les PME françaises sont-elles concernées ?

Par les coûts, les risques, la conformité réglementaire et les opportunités liées aux services, à la technologie et à l’accompagnement des filières.

Note éditoriale

Cet article court repose sur une synthèse de sources publiques récentes et sur une analyse réalisée avec l’appui d’outils d’intelligence artificielle. Il ne constitue pas un conseil professionnel.

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