De l’alliance des émergents à la nouvelle puissance mondiale : comprendre le groupe qui redéfinit l’économie actuellement.
Plus qu’un acronyme, un nouveau ordre économique
Les BRICS+ ne sont plus seulement le club des grandes économies émergentes. En 2026, ce groupe représente 35 % du PIB mondial et 45 % de la population humaine. Ce n’est plus une simple alliance diplomatique, mais une force économique capable de peser sur les règles du commerce international, la finance et la géopolitique.
Pour une entreprise française, ignorer les BRICS+, c’est se couper d’un tiers de la croissance mondiale. Mais comprendre ce groupe, c’est aussi saisir les opportunités de nouveaux marchés (Brésil, Inde, nouveaux membres) et anticiper les risques (sanctions, dédollarisation, concurrence).
Cette page vous explique l’histoire, la composition actuelle et les enjeux stratégiques de ce bloc, pour vous aider à décider comment y entrer.
De BRIC à BRICS+ : Une évolution rapide
L’histoire des BRICS+ est celle d’une ambition croissante, passant d’une théorie économique à une alliance politique structurée.
- 2001 : La naissance du concept « BRIC » L’économiste Jim O’Neill de Goldman Sachs invente l’acronyme BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) pour désigner les quatre économies à fort potentiel de croissance qui allaient dominer le XXIe siècle. À l’époque, ce n’est qu’une théorie financière.
- 2006-2009 : La première rencontre diplomatique Les ministres des Affaires étrangères des quatre pays se rencontrent à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU. La dynamique politique commence à se former.
- 2010 : L’arrivée de l’Afrique du Sud L’Afrique du Sud est invitée à rejoindre le groupe. L’acronyme devient BRICS. Le groupe gagne une porte d’entrée stratégique sur le continent africain, un marché en pleine explosion.
- 2023-2025 : Le grand élargissement (BRICS+) Lors du sommet de Johannesburg (2023) et de ses suites, le groupe décide d’un élargissement historique. C’est la naissance officielle des BRICS+.
- 5 nouveaux membres rejoignent le cercle restreint : Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats arabes unis, Indonésie.
- 9 nouveaux « États partenaires » sont créés (Kazakhstan, Malaisie, Thaïlande, etc.) pour élargir l’influence sans diluer le pouvoir de décision.
La composition du groupe en 2026
Le groupe se divise désormais en deux cercles : les membres à part entière (avec droit de vote) et les États partenaires.
🟢 Les 10 Membres à part entière
Ces pays forment le cœur décisionnel du groupe.
| Pays | Rôle clé dans le groupe |
|---|---|
| 🇧🇷 Brésil | Leader agricole et énergétique d’Amérique du Sud. |
| 🇷🇺 Russie | Puissance énergétique et militaire (sous sanctions). |
| 🇮🇳 Inde | Géant démographique et hub technologique mondial. |
| 🇨🇳 Chine | Première puissance économique et moteur industriel. |
| 🇿🇦 Afrique du Sud | Porte d’entrée vers l’Afrique australe et minière. |
| 🇪🇬 Égypte | Hub logistique et démographique en Afrique du Nord. |
| 🇪🇹 Éthiopie | Croissance rapide et hub logistique en Corne de l’Afrique. |
| 🇮🇷 Iran | Réserves pétrolières et gazières majeures (géopolitique complexe). |
| 🇦🇪 Émirats | Hub financier, logistique et énergétique du Golfe. |
| 🇮🇩 Indonésie | Plus grande économie d’Asie du Sud-Est, riche en ressources. |
🔵 Les 9 États Partenaires
Ces pays collaborent étroitement avec les BRICS+ sans avoir le statut de membre plein. Ils incluent le Kazakhstan, la Malaisie, la Thaïlande, la Biélorussie, le Nigéria, l’Ouganda, la Bolivie, Cuba et d’autres en discussion.
Les implications stratégiques pour les PME françaises
Pourquoi une entreprise française doit-elle suivre l’actualité des BRICS+ ? Trois raisons majeures :
Un marché de consommation colossal
Avec 45 % de la population mondiale, les BRICS+ représentent une classe moyenne en expansion rapide. Que vous vendiez du vin, des machines-outils, des services numériques ou des produits de luxe, vos clients potentiels sont ici.
La remise en cause de la domination du Dollar
Les BRICS+ poussent activement à la dédollarisation des échanges commerciaux.
- Impact pour vous : Vous pourriez bientôt devoir facturer en Yuan, en Roupie, en Real ou en monnaies locales. Cela change la gestion de votre trésorerie et expose à de nouveaux risques de change.
- Opportunité : La Nouvelle Banque de Développement (NDB) propose des financements pour les infrastructures, parfois plus accessibles que les banques occidentales pour certains projets.
3. Une concurrence accrue et des alliances nouvelles
Les BRICS+ créent leurs propres chaînes d’approvisionnement, leurs propres normes techniques et leurs propres systèmes de paiement (pour contourner SWIFT).
- Risque : Vos concurrents chinois ou indiens pourraient bénéficier de soutiens étatiques massifs dans ces zones.
- Stratégie : Il faut savoir s’implanter localement (via une filiale ou un partenaire) plutôt que d’exporter simplement depuis la France.
Au-delà de l’économie : une vision géopolitique
Les BRICS+ ne visent pas seulement à faire du commerce. Ils cherchent à :
- Réformer les institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, ONU) pour donner plus de voix aux pays du « Sud global ».
- Créer une alternative aux sanctions occidentales, notamment pour la Russie et l’Iran.
- Développer une coopération technologique (IA, spatial, énergie verte) indépendante des technologies occidentales.
Prêt à explorer les opportunités concrètes ?
Comprendre les BRICS+ n’est que la première étape. La vraie valeur réside dans l’action : savoir où vendre, comment s’approvisionner et quels risques éviter.
- Vous voulez connaître les secteurs porteurs dans chaque pays ?
- Vous cherchez à comprendre les risques de conformité (notamment pour la Russie et l’Iran) ?
- Vous avez besoin d’aide pour structurer votre implantation ?
Questions fréquentes sur les BRICS+
Le groupe compte 10 membres à part entière (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats, Indonésie) et 9 États partenaires.
Oui, la Russie est membre fondateur. Cependant, en raison des sanctions internationales, les échanges commerciaux directs avec la Russie sont très encadrés et risqués pour les entreprises françaises. Notre guide dédié aux Risques et Conformité détaille ces contraintes.
Non. Malgré les rumeurs, les membres (notamment l’Inde et le Brésil) ont rejeté l’idée d’une monnaie unique. Ils privilégient le commerce en monnaies locales (Yuan, Roupie, Real, etc.) pour réduire la dépendance au dollar.
L’UE maintient des relations complexes. Elle coopère économiquement avec certains membres (Brésil, Inde, Émirats) tout en maintenant des sanctions contre d’autres (Russie, Iran). Il est crucial de naviguer avec prudence.

